Echos de presse
07 nov 2011
Aide-toi, le FMI t’aidera
Valeurs Actuelles - Avis d’Expert par Guillaume Dard
Tel est le message qu’ont adressé à l’Europe, les dirigeants des grands pays émergents présents au G20. Les propos des responsables chinois sont encore plus rudes, à l’image de ceux tenus par Jin Liqun, le Président du Fonds souverain chinois China Investment Corporation. Celui-ci a déclaré dans un interview à Al Jazeera que les problèmes de surendettement des Etats Européens trouvaient leurs origines dans l’obsolescence de leurs modèles sociaux qui n’incitent pas au travail.
Le pandémonium grec de la semaine dernière n’a donc pas suscité l’appui espéré de la communauté mondiale au Fonds Européen de Stabilité Financière, bien au contraire, et le FESF n’a pas réussi à émettre d’obligations.
Le duo franco-allemand a certes obtenu le retrait du périlleux projet de référendum grec, mais il a du, pour cela, lever un tabou, c’est-à-dire la perspective de la sortie de la zone euro par un de ses états membre. Mais, au-delà de l’hypothèque grecque déjà en partie absorbée par les provisions faites par les institutions financières, le sujet majeur, « l’éléphant dans la pièce » comme disent les anglo-saxons, est bien évidemment la dégradation rapide des finances italiennes. Le taux des obligations d’Etat Italiennes à 10 ans campe depuis une semaine fermement au-dessus de 6%, un niveau de financement insupportable pour l’équilibre budgétaire transalpin.
Le FMI s’apprête à envoyer ses émissaires examiner attentivement la mise en place des mesures de rigueur votées par le parlement italien.
A ce propos, la Banque Centrale Européenne, désormais présidée par Mario Draghi, si elle s’est montrée conciliante en abaissant son taux d’intérêt à court terme, a simultanément adressé un message intransigeant à Rome, en menaçant d’interrompre ses achats d’obligations italiennes si le gouvernement, quel qu’il soit, n’adoptait pas immédiatement les réformes nécessaires.
La notation AAA de la France paraît aussi menacée, et il est à craindre que les hausses d’impôts programmées provoquent un fort ralentissement économique. L’insuffisante productivité et l’hypertrophie du secteur public de notre pays à l’instar de ceux du Sud de l’Europe, ne nous permettent pas de suivre le rythme allemand.
Les tensions entre le Nord et le Sud de la zone Euro vont donc encore s’accroitre. Les mécanismes mis en place par les Traités européens ne peuvent supporter longtemps une telle divergence de compétitivité entre pays en l’absence d’une Banque Centrale « véritable prêteur en dernier ressort ».
L’évolution des marchés financiers est donc aujourd’hui déterminée par les décisions politiques de grands et de petits pays.
Peut-être la mise en place de gouvernements de coalition capables d’enfin réduire la dépense publique permettra d’obtenir le soutien international via le FMI ? En tout état de cause l’investisseur devra plus que jamais privilégier les actions d’entreprises dont le business model dépendra le moins possible de la santé des Etats européens, et capables de se développer internationalement.