Echos de presse
04 jul 2011
Encore un lapin dans le chapeau ?
Valeurs Actuelles - Avis d’Expert par Guillaume Dard
Alors que des signes de ralentissement de la croissance économique se sont manifestés récemment aux Etats-Unis, le programme QE2, autrement dit la planche à billets, a théoriquement atteint son terme le 30 juin. Si le chômage poursuit sa hausse outre-Atlantique, le Président de la Federal Reserve, Ben Bernanke, subira bientôt une forte pression des autorités politiques pour « sortir un nouveau lapin de son chapeau », et contribuer à une ré-accélération de la croissance nécessaire, en cette troisième année du cycle présidentiel, à la réélection de Barack Obama.
Ben Bernanke devra être d’autant plus imaginatif que les Républicains soutenus par le « Tea Party » semblent s’apprêter à lutter farouchement contre la hausse du plafond de la dette fédérale dont l’échéance est fixée au 2 août, et que le Président américain paraît tergiverser.
Tandis que Ben Bernanke recherche un nouveau lapin, c’est-à-dire un éventuel QE3, Jean-Claude Trichet en fin de mandat de Président de la BCE reste, fidèle à ses convictions, « extrêmement vigilant » et s’apprête donc à remonter les taux d’intérêts en zone euro.
Il faudra aussi davantage qu’un chapeau de magicien pour sauver la Grèce. Le plan de secours, de l’aveu même de certains représentants de la troïka (BCE, Union Européenne, FMI) trouve ses motivations, certes dans la solidarité européenne, mais surtout dans la peur des conséquences d’un défaut trop rapide de la Grèce et sa sortie de l’Euro.
On en saura peut-être davantage sur l’exposition réelle des banques européennes aux risques grec, portugais et irlandais, lors de la publication des stress-tests dans les prochains jours. A vrai dire, les marchés s’inquiètent d’ores et déjà de la situation financière de l’Espagne et de l’Italie. Ce dernier pays a d’ailleurs annoncé, par la voix du Ministre des Finances Tremonti, un plan d’économies de 47 milliards d’euros prévoyant notamment un gel des salaires des fonctionnaires, et une remontée de la TVA et de l’âge de la retraite.
Un tel plan n’est pas encore évoqué en France, mais il ne faudrait pas que la croissance économique ne décline trop à la suite d’un premier trimestre exceptionnellement favorable.
En Chine, placée elle aussi cette année sous le signe astrologique du lapin, les autorités semblent avoir réussi à calmer la surchauffe sans entrainer jusqu’à présent de ralentissement trop marqué, et la Bourse de Shanghai a repris des couleurs.
Le surendettement des Etats, provoqué par une trop forte expansion de la sphère publique, des dépenses des administrations centrales et de celles des collectivités locales apparait au grand jour. Il inquiète les investisseurs et explique le niveau relativement bas en (9 à 10 fois les résultats prévus pour 2011) de la Bourse européenne. Il vaut mieux à long terme faire confiance aux bons « Business Models » d’entreprises adaptées à la nouvelle donne de la mondialisation, plutôt qu’aux dettes de certains Etats dont le seul tour de passe-passe consisterait à augmenter les impôts.