Editoriaux
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22 aoû 2011
La valorisation des entreprises n’est plus rationnelle
Quand la panique s’empare des marchés, la valorisation des entreprises n’est plus effectuée de façon rationnelle. Les ventes ont lieu sur les titres de grande qualité qui sont les plus liquides, alors que leur valorisation est désormais comprise entre 9 et 12 fois leur résultat, et que de plus paradoxalement ces entreprises ont la possibilité aux Etats-Unis d’emprunter actuellement à des taux particulièrement attractifs. Walt Disney notamment n’a payé que autour de 1,5% pour des emprunts à 5 ans et 4,4% pour des emprunts à 30 ans !
L’inquiétude des marchés s’explique cependant par la revue en baisse du rythme de croissance économique des Etats-Unis et de la zone Euro à 1%. Les chiffres américains sortis la semaine dernière ont été très inférieurs à ce qui était escompté, en particulier l’indice Manufacturing de la FED de Philadelphie. L’indice IFO a également déçu.
Le Plan franco-allemand, en dépit des bonnes avancées sur la gouvernance de la zone euro n’a pas été considéré comme suffisant, et le comportement des marchés au cours des prochaines semaines sera très largement entre les mains des hommes politiques et des grands argentiers :
- Les dispositions du plan européen du 21 juillet, même si elles ne sont pas tout à fait satisfaisantes, devront au moins être votées le plus rapidement possible en septembre ; Il faut espérer que les exigences du type finlandais ne se multiplieront pas, et que les gouvernements obtiendront l’accord du Parlement.
- La Banque Centrale Européenne doit continuer ces opérations entamées avec succès d’acquisition d’obligations espagnoles et italiennes ; Elle doit en outre, fournir à tout moment suffisamment de liquidité pour que le financement de toutes les banques européennes soit pleinement assuré.
- Les pays du G7 / G20 doivent mettre en place une coopération monétaire qui évite une spéculation excessive sur le Franc Suisse, le Yen et l’or, et une dérive éventuelle du Dollar à la baisse.
- Enfin, et ce sera le sujet principal de cette semaine, tous les regards se tournent vers Ben Bernanke qui s’exprimera vendredi à la conférence annuelle des Banquiers Centraux à Jackson-Hole, dans le Wyoming; Monsieur Bernanke ne pourra y faire d’annonce de politique monétaire, mais il pourrait mettre en avant son analyse de l’économie et les options de la Fed. Il avait à cette même réunion l’année dernière dessiné les prémices de QE2 (600 milliards de Dollar d’achat d’obligations américaines). Compte tenu de l’opposition à des mesures monétaires non conventionnelles très vigoureusement exprimées par le candidat républicain en tête des sondages, Rick Perry, Gouverneur du Texas, Ben Bernanke devra faire appel à toute son imagination et à tous ses talents pour sortir « un nouveau lapin de son chapeau » (cf notre article du 4 juillet).