Editoriaux

14 aoû 2011

« Les leaders européens doivent créer la confiance »

Les leaders des gouvernements européens doivent créer la confiance, c’est le sentiment de Larry Fink, Président de BlackRock, l’un des plus grands gestionnaires mondiaux d’actifs. Il ajoute que « Les marchés mondiaux sont déstabilisés par l’inaction et des résultats vraiment insatisfaisants des gouvernements, particulièrement aux Etats-Unis, nous n’avons pas vu de leadership mondial ». Il estime toutefois que, au niveau actuel, les actions présentent des attraits certains eu égard à leur valorisation historiquement faible vis-à-vis des obligations.

Après une semaine incroyablement volatile, qui a vu le CAC passer sous les 3000 points avant de se reprendre, les regards seront tournés vers la rencontre de mardi prochain, entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

En dépit des efforts notables de la Banque Centrale Européenne pour soutenir le cours des obligations italiennes et espagnoles, les marchés considèrent que le sommet du 21 juillet n’a apporté qu’une solution temporaire pour pallier les difficultés des pays périphériques. Les investisseurs ont maintenant besoin de savoir comment la répartition de la note entre créanciers et contribuables sera organisée. Pour l’instant, les Allemands semblent réticents à accepter l’émission d’euros obligations, et ne financeront le Fonds de Soutien Européen que si chaque pays membre adopte des règles budgétaires plus strictes.

Pour échapper à son déclin, l’Europe doit résoudre vite ses crises institutionnelles, monétaires et financières afin de résister à l’avancée de la Chine et des pays émergents. Le temps presse car les paramètres qui déterminent les motivations des investisseurs s’appellent la confiance, la visibilité, la sécurité ou à l’inverse la crainte ou le désir de protection.

La situation inédite dans laquelle nous nous trouvons est celle où la plupart des sociétés cotées en bourse sont productives et rentables, mais opèrent dans des environnements disloqués dirigés par des hommes politiques qui ne savent pas comment réduire les dépenses publiques.

Le marché américain est un bon exemple de cette situation. Les rendements sur les actions américaines sont les plus élevés depuis 1962. La courbe des taux ne signale pas de risque particulier de récession. Depuis la deuxième guerre mondiale, chaque récession a été précédée par une inversion de la courbe des taux, ce qui n’est à pas le cas en ce moment. Le P/E du S&P est un peu plus de 12x 2011, niveau qui se situe dans les plus bas de la génération actuelle. Le P/E ajusté tel qu’il est calculé par Robert Shiller se situe à 20,2x ce qui est encore un peu au-dessus de sa moyenne historique de 19,5x.

Il est en outre réjouissant de savoir que chaque fois que le marché a baissé de plus de 10% en dix jours (fin 1974, octobre 1997, août 1998 (LTCM), le marché américain a remonté en moyenne de 18% dans les trois mois suivants.

En Europe, les marchés d’actions présentent des valorisations encore plus attractives, avec des price earnings (multiples de bénéfice) qui devraient avoisiner 10, en tenant compte d’un recul probable de la profitabilité des sociétés.

Enfin est à saluer la décision des autorités de plusieurs pays, dont la France, d’avoir interdit les ventes à découvert sur les sociétés financières, afin de limiter les spéculations agressives contre les institutions financières de la zone euro.