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La Fed, du soleil au brouillard

L'Oeil de Montpensier

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La Fed, du soleil au brouillard

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Sept sur sept ! Avant la réunion du 30 janvier 2019, Jerome Powell détenait un singulier record pour un président de la Réserve Fédérale en exercice : ses sept conférences de presse précédentes, qui faisaient suite à une réunion du comité de politique monétaire de l’institution de Washington, avaient été l’occasion d’une baisse des marchés actions américains.

La séance du 30 janvier a interrompu cette série. Grâce à une approche très prudente, fondée sur la « patience » et la flexibilité face aux incertitudes économiques multiples, Jerome Powell a rassuré et le soleil est revenu sur les marchés.

Cette nouvelle approche est formalisée dans le communiqué publié en amont de la conférence de presse, qui efface la mention de « l’approche graduelle de la hausse des taux » présente toute au long de l’année 2018. Il renverse totalement la position prise le 19 décembre dernier, lorsque Jerome Powell expliquait la nécessité de normaliser graduellement la politique monétaire en remontant progressivement les taux et en réduisant régulièrement (en mode « pilote automatique » selon ses propres termes) la taille du bilan de la Fed.

Résultat : après la tempête du pire mois de décembre sur les marchés américains depuis plus de 80 ans, les investisseurs ont conclu avec optimisme le mois de janvier et salué le retour des politiques monétaires accommodantes et la disparition du risque d’un manque de liquidités en dollars sur la planète.

Reste que tout n’est pas réglé et que, malgré le « dîner de réconciliation » du 4 février entre Donald Trump et Jérôme Powell, le brouillard pourrait vite revenir dans la tête des investisseurs.

La Fed, en optant pour une approche résolument prudente, et en limitant de facto toute possibilité de monter ses taux dans les prochains mois – sinon au risque de se décrédibiliser et de déstabiliser durablement les marchés - se prive de pouvoir réagir en cas de poussée inflationniste liée à l’augmentation des salaires ou aux hausses de prix induites par la guerre commerciale.

Surtout, par son revirement brutal, la banque centrale américaine, instille le doute dans les esprits : alors qu’elle-même qualifie la situation économique américaine de « solide », l’insistance de son Président sur les dangers qui menacent, du Brexit à la guerre commerciale, laisse sous-entendre que l’économie américaine est plus fragile qu’elle ne le semble.

Certes, notre indicateur MMS de Momentum économique montre un réel décrochage depuis octobre, mais les niveaux de ces indicateurs sont encore loin d’indiquer une possible et proche récession outre-Atlantique et les dernières données statistiques, notamment autour de l’emploi, montrent toujours que le dynamisme de l’économie reste d’actualité.

En fin de compte, tout le paradoxe de la Fed est qu’en voulant clarifier sa position et faire preuve de prudence, elle pourrait finalement renforcer la perplexité des investisseurs. Comme souvent, le juge de paix sera les performances des entreprises. Aux Etats-Unis, ils sont, jusqu’ici, plutôt de bonne facture. Reste désormais à l’Europe à prendre le relais.

L’économie américaine a décroché

à partir de l’été 2018

L’indice Li Keqiang reste bas

Sources : Montpensier Finance / Bloomberg au 4 février 2019

 

Par Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste

 

 

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