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Trump, l’aiguillon paradoxal de la Chine

L'Oeil de Montpensier

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Trump, l’aiguillon paradoxal de la Chine

 

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La Chine représente à elle seule plus de 15% du PIB de la planète et 30% de la croissance économique mondiale. Autant dire que le ralentissement de l’Empire du Milieu, sensible dès le mois de mars 2018 pour notre indicateur MMS de Momentum économique, est au centre des préoccupations des investisseurs soucieux de la pérennité du cycle actuel de croissance.

C’est un fait, la croissance chinoise ralentit. Bien que les chiffres de l’année 2018, publiés le 21 janvier, aient rassuré les observateurs, une progression de 6.4% reste bien inférieure aux 9%-10% des années 2009-2011.

Or l’équilibre social de la Chine suppose un rythme de croissance élevé, supérieur à 6%. Le taux d’endettement très élevé du pays – plus de 260% du PIB – limite les marges de manœuvre pour un nouveau plan de relance de grande ampleur, à l’image de celui de 2009, qui contribua à sortir le monde de la récession.

Restent les injections de liquidités de la part de la banque centrale et l’allègement des contraintes financières qui pèsent sur les banques afin de relancer le crédit. Mais l’effet tarde à venir et restera probablement marginal tant que l’économie reste affectée par le pic de surinvestissement des années 2009-2012.

Alors que faire ? Le remède de fond consiste à changer le modèle de développement chinois pour passer d’une économie de l’investissement, de la production industrielle et de la construction d’infrastructures, à une économie tournée vers l’innovation, la consommation et les services, moins dépendante du monde extérieur.

Pour cela, il faut développer le capital intellectuel en protégeant les investissements privés des ingérences publiques, solidifier le système juridique et faciliter l’ouverture de l’économie à des partenaires étrangers sans les mettre dans les rets des « joint-ventures » obligées avec des acteurs locaux. C’est précisément le cœur du programme des négociations commerciales avec les Etats-Unis qui se tiennent depuis le diner Trump-Xi du 1er décembre à Buenos Aires.

Le paradoxe de cette « guerre commerciale » annoncée serait qu’elle finisse par permettre à la Chine d’enclencher, bon gré mal gré, la nécessaire mutation de grande ampleur de son modèle de croissance. Mais est-ce la volonté de l’empereur Xi ?

             

L’économie chinoise a décroché

à partir du printemps 2018

 

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Sources : Montpensier Finance / Bloomberg au 21 janvier 2019

             

              Par Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste 

        

 

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