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"Donald Trump s'impatiente devant les tergiversations chinoises" par Guillaume Dard pour le Guide de la Gestion de Patrimoine

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Donald Trump s'impatiente devant les tergiversations chinoises

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La pause des banques centrales dans leur politique de resserrement monétaire et la poursuite des discussions sino-américaines peuvent-elles faire oublier aux investisseurs les points de tensions politiques, monétaires et économiques dans le monde? Pour Guillaume Dard, président de Montpensier Finance, les banques centrales détiennent, une nouvelle fois, une grande partie de la réponse.

DÉCIDEURS. Les investisseurs rêvent d'un scénario « Boucles d'or », où l'économie resterait « en zone tempérée ». Est-ce toujours d'actualité alors que l'investissement et la consommation continuent de ralentir à l'échelle mondiale, notamment en Chine? Faut-il au contraire craindre un scénario « Goldorak » ?

Guillaume Dard - Pour que le scénario « Boucles d'or » se concrétise, encore faudrait-il un soutien des banques centrales, qu'il n'y ait pas d'autres événements perturbateurs (crise italienne, Brexit soudain, tensions dans le Golfe) et une reprise éco-nomique durable, notamment en Chine. Mais depuis le mois de mai 2019, Donald Trump s'impatiente devant les tergiversa-tions chinoises. La Chine est elle-même très ennuyée. Le pays n'est pas contre l'idée de trouver un accord mais les termes pro-posés par l'administration américaine sont vus comme un acte de colonialisme, une atteinte à sa souveraineté. Or, Xi Jinping doit montrer qu'il n'a pas cédé face à la pression américaine. Cela raviverait, en effet, de très désagréables souvenirs aux yeux des Chinois, soumis à une domination occidentale entre la fin du XIX' et le début du XX' siècle.  

Quelles sont les conséquences de cette période de tergiversations?  Cela implique, en premier lieu, un grand aléa sur l'issue de la négociation. Pour l'instant, le marché envisage qu'une sorte d'accord soit conclue, même si celui-ci est bancal. Les espoirs d'accélération de la croissance chinoise sont cependant atténués. Les industriels pourraient être plus hésitants sur leurs décisions d'investisse-ment. La situation demeure différente selon la zone où l'on se trouve. La zone euro se porte mieux, sauf en Allemagne et en Italie. Les États-Unis ont stabilisé leur rythme de croissance à un niveau convenable, même si la tendance demeure moins bonne.  

Pour que le scénario « Boucles d'or » se concrétise, il faudra, comme vous l'avez souligné, que la Fed baisse ses taux d'intérêt. Cela est-il envisageable?   Donald Trump exerce une forte pression sur Jerome Powell pour le convaincre de baisser ses taux. Il faut bien garder en tête que la prochaine élection présidentielle américaine aura lieu en 2020 et que l'objectif de Donald Trump est d'être réélu. Mais pour conquérir un deuxième mandat, il devra maintenir le taux de chômage à un niveau bas et faire en sorte que les marchés financiers restent porteurs.  

Certains économistes ont évalué le coût de la guerre commerciale sino-américaine à 0,3 % de PIB pour les États-Unis et 1 % pour la Chine. Qui a le plus à perdre dans cette confrontation?   Le coût de la guerre commerciale est très difficile à déterminer car les évaluations sont faites sur une base statique. Elles ne tiennent pas compte de la réelle interaction des économies et de l'imbrication des chaînes de production. Si de véritables bar-rières tarifaires sont mises en oeuvre, il se produira un réel effet d'amplification. Paradoxalement, certaines études montrent que l'Europe pourrait en profiter. Selon une analyse de l'une des instances de l'ONU, l'Europe pourrait gagner 80 milliards de dollars. Les États-Unis et la Chine perdront plus qu'ils ne l'imaginent à court terme. Cette situation serait gênante pour la ba-lance des paiements chinoise et pourrait entraîner des fuites de capitaux. La Chine a besoin de ses exportations pour équilibrer son système monétaire. Les États-Unis prennent un petit risque inflationniste car l'augmentation des droits de douane se ré-percutera sur les consommateurs américains. À long terme, la taille de l'économie chinoise leur permettra de compenser ce manque à gagner en se reposant sur une économie plus domestique, centrée sur la consommation et les services.  

Propos recueillis par Aurélien Florin

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