download left menu close down
Retour

« Il ne faut pas aller contre les tendances » 

News & Presse

Le

« Il ne faut pas aller contre les tendances » 

GD


Marché. D’ici à la fin de l’année, il faudra profiter des corrections pour se renforcer sur certaines thématiques. L’analyse du président de Montpensier Finance. 


Le Point: Par quoi sont commandés les marchés, aujourd’hui?

Guillaume Dard: Quatre éléments influen­cent aujourd’hui les marchés financiers. Le premier, c’est l’évolution de la pandémie, avec le risque d’une deuxième vague néces­sitant de nouvelles mesures contraignantes (reconfinement partiel...). Le deuxième, c’est la politique monétaire, avec le risque que les mesures de soutien prises par la Banque cen­trale européenne (achat de titres...) arrivent à leur terme en avril ­mai. Le troisième, c’est l’incertitude quant à la validation du plan de relance Macron­Merkel par les Parlements européens et, aux États-­Unis, l’incertitude sur le fait que Trump parvienne ou pas à faire vo­ter par le Sénat son deuxième plan de relance, ce qui différerait toutes les aides à début 2021. Le quatrième élément, c’est la présidentielle américaine, dont le résultat apparaît serré.

Quel impact peut avoir cette élection?

Si c’est Joe Biden, les marchés seront partagés entre, d’un côté, l’annonce d’investissements massifs dans les infrastructures et l économie verte et, de l’autre, une taxation plus forte des bénéfices des entreprises. Une victoire de Donald Trump, scénario moins pro­bable, ne change pas la trajectoire, le président étant plutôt favorable aux marchés.

Vous n’êtes donc pas inquiet pour les Bourses d’ici à la fin de l’année?

Il peut y avoir de la volatilité, voire une nouvelle cor­rection, mais celle-­ci devra être une occasion de se renforcer, car la tendance à long terme est positive. Les bénéfices des entreprises vont se redresser... Avec des taux d’intérêt nuls ou négatifs et qui le demeu­reront longtemps, il n’y a pas d’alternative aux ac­tions. On ne peut pas, comme en 2007­ 2008, se réfugier vers les obligations. Si on vend, on peut ne pas avoir le temps de revenir. D’au­tre part, je ne crois pas à un reconfinement total, mais à la poursuite d’une reprise en K.

Cela signifie quoi?

Que des thématiques et des secteurs vont continuer de surperformer : les thématiques de l’investissement socialement responsable (ISR), de la transition énergétique, du digital, des énergies nouvelles, de l’e­-commerce, du better life, de la santé vont bénéficier de flux d’investissement positifs, tandis que d’autres secteurs vont continuer à souffrir, comme l’hôtellerie, l’aérien. Cela signifie que la Chine va accélérer, les États-­Unis se redresser quand le Royaume­-Uni va s’enfoncer, que l’Allemagne va profiter du rebond chinois quand l’Espagne va pâtir de la situation sanitaire. Il en résulte qu’il ne faut pas aller à contre­courant des ten­dances. On vit un changement de paradigme. La thé­matique l’emporte sur le stock picking (choix de valeurs).

En cas de rechute de l’activité, les banques centrales ont-elles encore des armes pour agir?

Elles peuvent renforcer leurs achats, garantir la li­quidité, mais ne peuvent à elles seules faire repartir l’économie.

Craignez-vous, comme certains économistes, un retour de l’inflation?

Elle existe pour certains actifs, comme l’immobilier résidentiel, le private equity. Mais tant que les fron­tières resteront ouvertes, le risque à court terme est faible. Les relocalisations sont limitées. À plus long terme, il faudra gérer les effets de ces injections mas­sives de liquidités. D’où l’intérêt d’avoir de l’or dans son portefeuille . 
 

Rédigé par Laurence Allard

Contact