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Le fonds M Convertibles sélectionné par Gestion de Fortune parmi les 50 fonds à découvrir

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M Convertibles « Pureté et convexité » au service d’une performance maîtrisée  -  Entretien avec Julien Coulouarn et Bastien Rapoport, gérants du fonds M Convertibles chez Montpensier Finance

Vous gérez le fonds M Convertibles de Montpensier Finance. Quel est le profil de cette société de gestion ?

Montpensier Finance est présidée par Guillaume dard depuis 2004. L’équipe compte aujourd’hui 35 personnes et gère deux milliards d’euros. La gamme de fonds, qui a su séduire de nombreux investisseurs privés et institutionnels, couvre les actions européennes, les obligations convertibles, ainsi que des stratégies flexibles multi-assets.

Comment travaille l’équipe de gestion en charge des obligations convertibles ?

Nous sommes deux gérants, Bastien Rapoport et Julien Coulouarn, en charge de la gamme de fonds d’obligations convertibles. Celle-ci compte deux fonds ouverts, M Convertibles et MM Convertible Europe, et un fonds dédié. Un fonds international est également en projet. L’obligation convertible étant un produit hybride, à mi-chemin entre les actions et les obligations, nous échangeons régulièrement avec les autres gérants et analystes des équipes « actions » et « IMC » (Innovation-Méthode-Contrôle). Ainsi, nous couvrons l’ensemble des aspects fondamentaux et quantitatifs, nécessaires à nos choix de gestion.

Quel est l’encours de M Convertibles ?

535 millions d’euros au 23/05/2018. Nous avons en effet enregistré une croissance régulière de nos actifs ces dernières années. Cette bonne dynamique s’explique à la fois par la surperformance régulière dégagée par le fonds et par l’intérêt soutenu des investisseurs institutionnels pour la classe d’actifs.

Quel est votre univers d’investissement ?

Nous investissons exclusivement dans des obligations convertibles libellées en euro et cotées dans des pays de l’OCDE. Conformément à notre philosophie de gestion, nous n’investissons pas dans d’autres véhicules d’investissement, obligations synthétiques, produits dérivés ou actions.

Comment s’articule votre philosophie de gestion ?

Elle repose sur une méthode interne, fondée sur deux critères centraux : la pureté et la convexité. Le terme « pureté » fait référence au fait que nous n’investissons que dans des obligations convertibles.  Nous évitons tout produit synthétique ou réplication artificielle, combinant titres obligataires et options sur les actions sous-jacentes. Ces solutions présentent certains inconvénients et nécessitent un timing d’exécution quasi parfait. Soucieux de mettre en œuvre une gestion efficace du portefeuille, nous souhaitons bénéficier de l’ensemble des caractéristiques des options intégrées dans les obligations convertibles.

Qu’apporte cette exigence ?

Du temps et de la sérénité. Contrairement aux autres options, celles contenues dans les obligations convertibles ont un horizon d’exercice moyen de 3 à 5 ans, ce qui nous laisse pleinement le temps de déployer notre stratégie d’investissement. Les options utilisées dans les processus de réplication sont chères et ont souvent des échéances courtes, ce qui impacte significativement leur valorisation. On peut aussi mentionner des spreads de cotation que nous estimons parfois dissuasifs. Enfin, les options des obligations convertibles comprennent, contrairement aux autres, des clauses spécifiques de protection, notamment en cas d’OPA sur le sous-jacent ou de versement de dividende. Indéniablement, elles sont donc davantage favorables aux investisseurs.

Vous mentionnez également la convexité. De quoi s’agit-il ?

L’idée est de privilégier les obligations convertibles dites « mixtes ». Il s’agit des titres dont la conversion en actions à terme reste probable sans être certaine. Ceux-ci combinent le meilleur des deux mondes, obligataires et actions. En pratique, cela nous permet de limiter des risques actions, taux et crédit trop importants, de tirer parti des hausses de marché tout en essayant de  limiter les baisses. C’est ce qu’on appelle la convexité.

Quelles sont les atouts des obligations convertibles par rapport aux actions ou aux obligations classiques ?

Comparons les performances annualisées respectives de trois indices de janvier 1996 à fin avril 2018 : l’Eurostoxx 50 DNR, un indice composite combinant 40 % d’actions et 60 % d’obligations et, enfin l’indice Convertible Exane ECI Euro, notre indice de référence. Si les performances moyennes sont similaires avec des niveaux respectifs de 6.5%, 6.3 % et 6.2 % sur cette période de plus de 20 ans, les niveaux de volatilité observés sont significativement différents puisqu’ils s’établissent à 23 % pour l’Eurostoxx 50, 13,6 % pour l’indice composite et seulement 8 % pour les obligations convertibles. Les résultats extraits de ces statistiques collectées sur une longue période sont éloquents. Le niveau de volatilité des obligations convertibles, près de 3 fois inférieur à celui des actions milite pour l’intégration de la classe d’actifs dans les portefeuilles.

La maitrise du risque est donc intimement liée à la classe d’actifs et, au regard de vos choix de gestion, à votre processus d’investissement ?

Notre gestion est centrée davantage sur l’optimisation du couple rendement / risque que sur la maximisation du rendement.

Comment appréhendez-vous le marché des obligations convertibles ?

Le marché européen des obligations convertibles pèse environ 70 milliards d’euros (80 milliards de dollars). Il est le deuxième plus important au monde après celui des Etats-Unis et loin devant les marchés asiatiques. On y trouve donc une belle diversité d’émetteurs. Il s’agit de grandes capitalisations pour 62 % du marché, de valeurs moyennes pour 20 % et de petites valeurs pour 18 %.  On peut procéder à une diversification géographique ou sectorielle, même si les secteurs de la banque et de l’assurance n’y sont pas ou très peu représentés. Sachant qu’environ 50 % de ce marché est composé d’obligations convertibles mixtes, nous pouvons donc sereinement y construire un portefeuille d’une soixantaine de titres libellés en euros et donc exempts de risque de change.

Quels sont vos critères de sélection ?

Nous utilisons en premier lieu une méthodologie quantitative interne qui attribue à chaque titre un score lié aux critères suivants : la notation de crédit, l’évaluation du titre sous-jacent, la volatilité implicite, la liquidité et les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Cette première approche est combinée à une évaluation qualitative qui implique souvent une rencontre avec les dirigeants des entreprises. Ces deux approches, quantitative et qualitative, s’enrichissent mutuellement et nous permettent de prendre les bonnes décisions de gestion.

 

Par Julien Coulouarn et Bastien Rapoport, gérants du fonds M Convertibles chez Montpensier Finance pour Gestion de Fortune ("Guide de la Gestion d'Actifs, 50 fonds à découvrir")

 

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