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« Les obligations d’États n’ont pas d’intérêt » par Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance pour Décideurs Magazine

Presse

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Le président de Montpensier Finance se prête au jeu du questionnaire de Proust pour Décideurs Magazine.

Décideurs. Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la gestion d’actifs ?

Guillaume Dard. C’est un métier passionnant, il allie le sens de la perspective long terme, j’aime l’histoire et l’économie, une analyse précise des données d’un horizon plus court. Chaque jour s’écrit une nouvelle histoire selon l’évolution de la géopolitique, l’actualité des entreprises ou l’irruption de nouvelles technologiques.

Comment définiriez-vous le style de gestion de Montpensier Finance ?

L’objectif est de marier la méthodologie et le talent dans le cadre d’un travail collégial. Il faut réunir des individualités brillantes qui sachent avancer ensemble. Nous souhaitons construire notre performance à long terme. Notre maison est principalement tournée vers les actions et les obligations convertibles. Notre méthode est basée sur l’analyse de l’entreprise avec une conscience permanente des grands mouvements macro-économiques.

Quelles qualités recherchez-vous en priorité dans une entreprise ?

Trois tendances fortes sont déterminantes aujourd’hui : la mondialisation, la numérisation et la réglementation. Il faut regarder chaque entreprise à travers ce triple prisme : est-elle menacée par un concurrent chinois ? Sera-t-elle disruptée par Google ou Amazon, ou sera-t-elle aidée par l’évolution technologique et enfin sera-t-elle favorisée ou pénalisée par de nouvelles réglementations ? Ce dernier point est clé dans les secteurs de l’environnement, de la santé et de la finance. Nous privilégions les entreprises disposant d’un avantage compétitif dans leur secteur et la dynamique de ce dernier. Et, nous regardons attentivement la qualité du management et sa communication avec le marché.

Depuis le début de votre carrière, quel est votre meilleur investissement ?

AB Inbev est le plus important brasseur au monde. Jorge Paulo Lemann, à partir de sa base brésilienne, a conquis d’abord l’Europe, Stella, puis les Etats-Unis, Budweiser, et le Mexique, Corona et ce n’est pas fini. La valeur de l’action a été multipliée par 12 en moins de dix ans. Ce type de société, alliant croissance et rentabilité, correspond à l’exemple parfait recherché par nos méthodes.

Et le plus mauvais ?

Les mines d’or. Au début des années 2000, j’ai considéré qu’après 20 années de baisse le cours de l’or était susceptible de revenir vers ses plus hauts voire de les dépasser. Il m’a semblé naturel d’investir dans des actions de mines d’or pour profiter de la hausse du métal. Mais ces sociétés ont été dans l’ensemble très mal gérées et n’ont pas suivi l’évolution du cours de l’or. La vision était bonne mais pas l’instrument, mieux aurait valu choisir un tracker indexé sur l’or.

Quel est actuellement les actifs que vous évitez ?

Les obligations d’États. Elles n’ont pas d’intérêt et ce, à tous les sens du terme. Ce placement me semble dangereux en raison du degré d’endettement des États. Il est probable que ceux-ci remboursent les investisseurs en monnaie de singe, en générant de l’inflation.

Warren Buffett est un modèle d’investissement à long terme

Quel est votre modèle, auteur ou source d’inspiration ?

Mon grand-père, un homme sérieux et bienveillant. Il a participé à la création de la banque Schlumberger, pionnière de l’analyse financière en France. Je pense également à mon ancien patron Jean Taittinger qui m’a transmis sa vision à long terme et insufflé l’esprit d’entreprenariat.

 

Pourriez-vous citer des gérants dont vous aimez suivre les performances et qui ne travaillent pas chez Montpensier Finance ?

Warren Buffett est un modèle d’investissement à long terme. Je citerai également Bill Gross pour sa lecture des mouvements macroéconomiques.

Quel est votre personnage historique préféré ?

Je mettrai en exergue deux personnages. D’une part, Napoléon, l’auteur du Code civil et l’organisateur prodigieux, pas le belliciste. D’autre part, Frédéric de Hohenstaufen dit « Stupor Mundi », empereur de Germanie, roi de Sicile et de Jérusalem. Il parlait six langues. Il est parti en croisade, il a réussi à instaurer une paix durable et une cohabitation pacifique.

Quel est, pour vous, l’événement politique ou économique le plus marquant de ces trente dernières années ?

La chute du mur de Berlin représente un changement de paradigme immense. Au plan économique, je soulignerai l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001. C’est la vraie date de départ de la mondialisation. La croissance chinoise en quinze ans a été la plus forte de l’histoire du monde. C’est aussi la plus grande bulle financière jamais créée. Saura-t-on la contenir sans déstabiliser l’économie mondiale ?

Si vous n’aviez pas travaillé dans la finance, qu’auriez-vous fait ?

Je serais devenu historien, économiste ou architecte.

 

Propos recueillis par Aurélien Florin (@FlorinAurelien)

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