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Perspectives 2017 des marchés financiers à destination des investisseurs particuliers

Presse

Le

Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance, et Olivier de Royère, gérant actions chez Montpensier Finance, cités dans le Café de la Bourse

Les marchés financiers se portent bien à l’heure actuelle. Nous avons connu une fin d’année 2016 spéciale marquée par une certaine euphorie dont il est difficile de savoir si elle est ponctuelle ou si nous devons la considérer comme structurelle. Ce qui est certain en revanche, c’est que 2016 a été une année de surprises, avec une forte volatilité. À quoi devons-nous alors nous attendre pour l’année à venir ? Café de la Bourse vous propose un état des lieux des marchés financiers et les projections de 10 experts assorties de leurs recommandations d’investissement pour 2017. Découvrez notamment les secteurs porteurs, la situation du marché obligatoire et un focus complet sur les pays émergents.

Marchés financiers : l'incertitude politique en toile de fond

Une période d’incertitude qui ne fait que commencer

C’est une année particulière qui s’achève marquée par des évènements politiques majeurs : le Brexit, l’élection de Trump, le référendum en Italie. Une année donc riche en changements dont nous ne connaissons pas encore tous les tenants et les aboutissants.

Comme le dit si bien Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance, on a assisté en 2016 à une vague de bouleversements politiques qui pourrait se résumer par la formule « Sortez les sortants ». L’année qui s’achève a vu s’ouvrir une ère de grandes incertitudes politiques, qui devraient se prolonger en 2017 avec des échéances électorales fortes et incertaines en Europe.

Cependant, il faut aussi noter que « 2016 a été une année relativement positive » comme l’explique Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management. Et pour lui, « le Momentum positif devrait perdurer en 2017 »

Des marchés financiers de plus en plus résilients

Les conséquences du Brexit sur les marchés financiers vont encore se faire sentir en 2017.  Selon Alain Juillet ancien directeur de la DGSE et Président de l’Académie d’intelligence économique : « la City restera le pôle financier de l’Europe. Le rapprochement des bourses de Francfort et Londres devrait être finalisé fin janvier. Ce n’est pas pour rien que l’article 50 sera activé plus tard et que les négociations sur le Brexit commenceront début février ». Thomas Friedberger, Responsable de la gestion diversifiée et actions de Tikehau IM insiste lui sur les « opportunités d’acheter des actions britanniques qui ont souffert du Brexit ».

Les conséquences de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis vont aussi largement impacter les marchés en 2017 même si les marchés se montrent de plus en plus résilients, ce que souligne Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance, « Pour le Brexit, les marchés ont mis 3 jours à s’en remettre, pour l’élection de Trump, 3 heures et pour le référendum italien 3 minutes ».

Les risques qui pèsent sur l’économie mondiale

Toutes ces incertitudes vont se faire ressentir sur les marchés financiers en 2017. Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management témoigne d’un certain optimisme et est convaincu qu’il y aura de « belles opportunités en 2017 » Il reste « positif sur l’environnement économique ». Mais, selon lui, « il faut se préparer à moins de rendement et plus de risque. Le 6% est le nouveau 8% (pour les fonds diversifiés) ».

Dominic Rossi, Global Chief Investment Officer Actions chez Fidelity International, insiste aussi sur le risque et la volatilité : « nous pourrions subir des poussées périodiques de volatilité d'origine politique provoquées par les prochaines échéances électorales en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. »

Pour parer à ces risques, Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management conseille « Un peu de bon sens et beaucoup de diversification ». Pour Thomas Friedberger, Responsable de la gestion diversifiée et actions de Tikehau IM, il faut se concentrer sur les fondamentaux. Il explique : « Les incertitudes sont avant tout sur le plan macro-économiques. C’est pourquoi, chez Tikehau IM, nous sommes attachés à l’analyse des sociétés et de leurs fondamentaux. Si elles sont bien gérées et pas trop chères, on achète. »

Le rebond économique américain va porter l’économie mondiale et surtout l’économie européenne

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ne semble pas avoir affolé les marchés, bien au contraire. Elle pourrait même favoriser une croissance économique américaine qui se ressentirait aussi en Europe, c’est du moins l’avis de Dominic Rossi, Global Chief Investment Officer Actions chez Fidelity International qui explique que « le rebond de l'économie américaine devrait dynamiser la croissance à l'échelle mondiale, à travers des mesures de relance budgétaire ».

Selon lui, "la croissance sera l’idée fixe de la ligne politique » de Trump. Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance abonde dans le même sens. Pour lui, le « programme de Trump n’est pas tellement différent de celui de Hillary Clinton mais la peur que les Etats-Unis passent sous le socialisme s’est effacée avec l’échec de Hillary Clinton ». Il conclut en présentant l’euphorie actuelle des marchés comme « un ouf de soulagement des marchés ». Il est évident que le programme économique de Trump plaît. « C’est ce que le marché est en train d’acheter » précise Sébastien Peltier, gérant chez Athymis Gestion qui s’attache à présenter les mesures du candidat élu qui séduisent : « il veut passer de 35% à 15% d’impôt sur les sociétés, met en place un plan de relance keynesienne. » Pour Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management « Trump n’était pas le candidat plébiscité en Europe mais c’est un businessman qui devrait se montrer pragmatique. Il a besoin de la finance et devrait mener une politique fiscale expansionniste ».

Pour Dominic Rossi, Global Chief Investment Officer Actions chez Fidelity International, « les pays européens feront partie des bénéficiaires de cette embellie sur le front de la croissance». A contrario, pour Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management « quoi que fasse Trump, ce sera bon pour l’économie américaine. On a cependant moins de visibilité en Europe, même si le secteur bancaire se reprend ». Selon lui, « L’Europe n’est pas attractive en terme d’investissement » et conseille donc d’ « acheter des US ».

En effet, le volet protectionniste du programme de Donald Trump est aussi à prendre en compte. Selon Alain Juillet ancien directeur de la DGSE et Président de l’Académie d’intelligence économique, le progamme de Trump suit la fameuse « Doctrine de Monroe selon laquelle les Etats-Unis ne sont pas les gendarmes du monde mais se doivent de réaffirmer leur supériorité quand c’est nécessaire, et surtout, ils doivent se replier sur eux-même ». Ainsi, « Trump encourage les entreprises à se relocaliser aux Etats-Unis. Si elles ne reviennent pas, leurs produits seront taxés à hauteur de 35% à l’entrée sur le territoire américain » poursuit l’ancien directeur de la DGSE et Président de l’Académie d’intelligence économique.

Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management prévient en effet que « des risques émanent de l’aspect protectionniste du programme de Trump, qui sera un obstacle à une croissance économique mondiale ».

Attention toutefois, il est « trop tôt pour dire ce qui relève de la démagogie et du réalisme » souligne Sébastien Peltier, gérant chez Athymis Gestion. Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance, affirme lui aussi qu’il est « trop tôt pour juger ce qui se passera vraiment, mais c’est à l’évidence un moment clé ».

Bourse : les secteurs dans lesquels investir

Le retour des financières et des pharmaceutiques

La récente élection de Donald Trump a redistribué les cartes en matière d’allocation d’actifs. Sa victoire devrait en effet favoriser certains secteurs parmi lesquels celui de la pharmacie qui se réjouit de l’échec de Hillary Clinton, qui souhaitait faire baisser les prix des médicaments, d’où la soudaine remontée des Biotechs. Cet avis est partagé par Dominic Rossi, Global Chief Investment Officer Actions chez Fidelity International qui indique : « en termes sectoriels, l'environnement réglementaire mis en place par le gouvernement républicain sera selon moi favorable aux secteurs financier et pharmaceutique ». En effet, pour lui, « les valeurs financières et les titres liés à des actifs réels bénéficieront des perspectives offertes par la politique de relance, impliquant une accélération de la croissance, une hausse de l'inflation et une remontée des taux d'intérêt. »

Un nouveau boom pour les nouvelles technologies

Les nouvelles technologies sont aussi un secteur porteur selon le Chief Global Officer Actions chez Fidelity International : « Nous continuons à déceler du potentiel dans le secteur des technologies : les meilleures sociétés sont capables d'assurer une croissance solide de leur bénéfice grâce à l’innovation de leurs business models, leurs activités, leurs infrastructures logistiques ou leurs offres de produits. » En outre, « elles devraient tirer parti des réformes fiscales incitant à rapatrier les bénéfices logés à l'étranger ainsi que de l'approche « L'Amérique d'abord » visant à démanteler et faire revenir aux États-Unis les chaînes d'approvisionnement mondiales. »

La revanche des Small et Mid Caps

Pour Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management « Les petites et moyennes capitalisations US seront les premières à profiter de l’élection de Trump avec une baisse des taxes significatives ». Réflation et augmentation du dollar : « les PME font beaucoup de chiffres d’affaires aux Etats-Unis et seront donc les moins touchées ».

Autre atout des petites et moyennes capitalisations, aux Etats-Unis comme ailleurs, « les grandes valeurs sont toujours beaucoup plus chahutées que les small et midcaps. Historiquement, la volatilité des petites valeurs est beaucoup moins importante que celle des grandes valeurs, sauf dans les années 2000 avec la bulle internet. Le couple rendement/risque des small et midcaps très intéressant » précise Max Hamelin, gérant actions chez Trusteam Finance.

La construction portée par les grands travaux aux Etats-Unis

Le secteur du bâtiment et de la construction devrait également être porté par l’élection de Trump à la Maison Blanche. Alain Juillet ancien directeur de la DGSE et Président de l’Académie d’intelligence économique explique en effet que « Trump prône une relance keynesienne, avec de grands travaux et un renouvellement des infrastructures ».

Mais en Europe aussi les choses bougent et la construction devrait voir se profiler des jours plus fastes. Pour Olivier de Royère, Gérant OPCVM Actions chez Montpensier Finance, il y a « du mieux dans la construction résidentielle en Europe. Certaines entreprises devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu comme Legrand, une société magnifique avec une vraie dimension objets connectés, qui s’est beaucoup désendetté et devrait renouer avec la croissance ».

Le secteur pétrolier favorisé

Selon Sébastien Peltier, gérant chez Athymis Gestion : « L’économie américaine est en train de reprendre. Donald Trump favorise le secteur pétrolier. » Et ce n’est pas l’OPEP qui devrait faire barrage au nouveau président américain car selon Sébastien Peltier, gérant chez Athymis Gestion : « L’OPEP s’est mis d’accord pour une réduction de la production pétrolière. Mais, dans le même temps, a été découvert aux Etats-Unis un champ de pétrole au Texas représentant 20 milliards de baril, soit l’équivalent de 8 ans de production de l’OPEP ! »

Vous pouvez aussi consulter notre dossier Investir dans le pétrole

Arnaud Chesnay, gérant chez Athymis Gestion souligne toutefois que plutôt que de courir après les secteurs en vogue ou supposés porteurs, il ne faut jamais perdre de vue les fondamentaux des entreprises, « il faut toujours se rattacher à la qualité des entreprises, leur management et respecter l’adage : « Plus loin du marché, plus proche des entreprises ».

La remontée des taux

Comme le dit si bien Etienne Gorgeon, Responsable de la Gestion obligataire chez Tikehau IM, « Ça va pas mal bouger sur les taux en 2017 ». Jacques Sudre, gérant chez Amiral Gestion attire notre attention sur la situation et précise : « On est extrêmement prudent sur les taux. Les obligations allemandes à 10 ans, depuis fin septembre, ont perdu 5% en valeur ».

Le rôle des banques centrales

Alain Juillet ancien directeur de la DGSE et Président de l’Académie d’intelligence économique explique que « Trump va imposer à la Fed de laisser filer l’inflation et donc remonter les taux d’intérêts. Si ça ne posera pas de problèmes aux Etats-Unis, en revanche, en France, le service de la dette va s’ouvrir considérablement. » Pour Stéphane Vonthron Executive Director J.P.Morgan Asset Management, le constat est le même, on assiste à « une divergence des politiques monétaires à travers le monde : la Fed revient, la BCE elle se montre beaucoup plus soft ».

Conséquence de la remontée des taux : « l’inflation revient sur le devant de la scène » pour Sébastien Peltier, gérant chez Athymis Gestion. Il souligne toutefois que celle-ci ne devrait pas se faire sentir « avant 2020 en Europe selon Mario Draghi ». Cependant, poursuit-il, « aux Etats-Unis, le retour à l’inflation est déjà constatée et est d’ailleurs tout à fait logique puisqu’on assiste à une atténuation des sources de la déflation. Les Etats-Unis connaissent le plein emploi avec 4,6% seulement de chômage, un taux de croissance des salaires qu s’élève à 2,5% et la différence entre la croissance potentielle et la croissance constatée du PIB tend à diminuer ».

Pour Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management « l’augmentation des taux est plutôt une bonne chose mais il ne faudrait surtout pas qu’ils remontent trop vite. » Eugene Philalithis, gérant de FF Global Multi Asset Income Fund et Responsable de l’équipe Fidelity Multi Asset sur les classe Obligataire et Alternatives partage cet avis : « Le scénario idéal pour les investisseurs à la recherche de rendement serait celui d’une hausse graduelle des taux d'intérêt en 2017, laquelle leur permettrait de bénéficier de rendement plus élevés tout en ayant le temps d’ajuster leurs allocations. »

La fin de 30 ans de rallye obligataire

Pour Vincent Juvyns, Stratégiste chez JP Morgan Asset Management, il existe bel et bien un « risque de recorrélation entre les taux et les actifs risqués ». Dans un environnement de taux faibles, grande est la tentation de se tourner vers des actifs plus risqués pour chercher de la performance.

Selon Olivier de Royère, Gérant OPCVM Actions chez Montpensier Finance « les évènements politiques intéressent de moins en moins les investisseurs. L’élément majeur auquel s’intéresse les investisseurs, c’est la dynamique inflationnsite, qui conduit à un inversement complet des perspectives, avec des impacts très importants sur les marchés ».

Même son de cloche chez FF Global Multi Asset Income Fund où Eugene Philalithis, gérant et Responsable de l’équipe Fidelity Multi Asset sur les classe Obligataire et Alternatives déclare : « Quand je songe à 2017, je pense que le point essentiel est l’ampleur de ce qui se passera sur le front du retour et de l’accélération de l'inflation. » Il conseille : « Afin de tenter de surmonter les obstacles que sont l’inflation et la dépendance à l’égard des banques centrales, les investisseurs en quête de rendements ont tout intérêt à se tourner vers les actifs qui n’ont pas beaucoup bénéficié des politiques telles que l’assouplissement quantitatif. Parmi ceux-ci figurent notamment les obligations « Investment Grade » asiatiques, les actifs d’infrastructure et les « loans » ».

Pour investir comme Warren Buffett, consultez notre article 7 citations de Warren Buffet pour investir en Bourse

Les marchés émergents : des situations très disparates avec des opportunités

Des marchés qui ne profiteraient pas du rebond économique américain

Selon Dominic Rossi, Global Chief Investment Officer Actions chez Fidelity International, « l'accélération de la croissance aux États-Unis et dans le monde devrait indubitablement créer un contexte positif pour les actions des marchés émergents, seulement si elle ne s'accompagne d'aucune mesure protectionniste. » Or, on le sait le protectionnisme fait partie intégrante du programme du futur président des Etats-Unis et, de plus, certaines économies émergentes ont pour principal partenaire commercial les États-Unis, ce qui ne pourra manquer de poser problème « tant que l'évolution des tarifs douaniers et des nouvelles règles du commerce international restera incertaine. Mais surtout, la vigueur du billet vert à court et moyen terme pèse sur le prix des matières premières et sur l'économie de certains pays émergents » souligne Dominic Rossi.

Des marchés qui pourraient tirer profit des taux bas

Cependant, les marchés émergents pourraient bien profiter des taux bas, c’est du moins la vision que propose East Capital qui va jusqu’à qualifier les marchés émergents de « place to be ». East Capital fait en effet remarquer que « 29% de la dette souveraine des pays développés se négocie en territoire négatif », ce qu’il juge être une «situation historiquement anormale » puisque cela signifie « que les investisseurs perdraient nominalement de l'argent en détenant ces obligations jusqu'à l'échéance ». Face à cette situation, les investisseurs sont « désespérément demandeurs de rendement ». Or, « les marchés émergents et frontaliers offrent des taux d'intérêt réels élevés et même des taux nominaux plus élevés ». 

East Capital poursuit , même si « les investisseurs risqueraient de courir un risque sur la monnaie » ce dernier est à relativiser et de citer l’exemple du rouble russe , qui « s'est renforcé face au dollar américain en 2016 ». Didier Rabattu, directeur des gestions Action chez Lombard Odier IM confirme que « sur le marché des devises la livre sterling a plus baissé que le rouble russe sur les deux dernières années ». East Capital précise que « les investisseurs reçoivent actuellement un rendement de 8,9% sur un emprunt obligataire en rouble d'un an, ou 3,9% en termes réels (corrigé de l'inflation) ».

C’est pourquoi East Capital déclare : « Dans l'ensemble, nous pensons que les investisseurs sont susceptibles de passer des obligations de marché développés, peut-être à des actions ou des obligations des marchés émergents. Les taux d'intérêt du marché développé sur la plus longue et peut-être la plus courte de la courbe seront vraisemblablement plus élevés qu'en 2016. »

Les belles opportunités des émergents

Didier Rabattu, directeur des gestions Action chez Lombard Odier IM voit dans les émergents de très belles opportunités à saisir et s’appuie sur le fait que « sur les deux, trois dernières années, la volatilité est plus basse sur les émergents qu’en Europe, qu’il s’agisse du marché des devises ou du marché actions. Les performances des émergents sont bien meilleures que celles de l’Europe. »

Didier Rabattu, directeur des gestions Action chez Lombard Odier IM divise les marchés émergents en trois grandes zones :

  • Asie
  • Europe de l’Est/middle Est/Afrique
  • Amérique du Sud

Il attire notre attention sur le fait que « dans une zone géographique, d’un pays à un autre, les choses sont très différentes. Ainsi, le marché chinois est un très mauvais performer, en revanche, l’Inde, les Philippines ont fait de très bonnes performances. » Il conseille donc d’ « aller chercher les pays plus que les zones géographiques ». Autre point sur lequel Didier Rabattu attire notre attention, « l’indice des marchés émergents est très mal construit. Par exemple, on notera que la Tech est uniquement présente à Taiwan et en Corée. Il ne faut pas non plus oublier que sur le marché des émergents, 50% à 60% des grosses sociétés sont détenues par le pays. Il faut faire un arbitrage par pays et par secteur ».

Le directeur des gestions Action chez Lombard Odier IM nous propose un rapide aperçu des « zones à surveiller sur les prochains mois ». Selon lui, « il existe au Pérou un vrai marché industriel », le Mexique est à « éviter pendant un certain moment car trop d’incertitudes demeurent », il juge le Vénezuela « ininvestissable », attire notre attention sur le fait que «  la Colombie est l’un des seuls pays qui n’a jamais fait faillite », vante la bonne santé du Chili, déconseille le Brésil enlisé dans « une suite ininterrompue de scandales ». Enfin, précise que « l’Argentine est en train de revenir ».

Le cas particulier de la Chine

Didier Rabattu, directeur des gestions Action chez Lombard Odier IM vante les mérites de la Chine : « un marché pas cher, avec un price to go en dessous de 1 ». Il insiste également sur le fait que « la Chine a injecté 650 milliards de dollars dans son économie sur les derniers mois et que les prix à la production et les prix à la consommation sont en hausse au T3 pour la première fois depuis bien longtemps ». Il conclut en ces termes : « la Chine est un vrai endroit où l’on pense qu’il peut y avoir une valorisation. »

Mais, il faut aussi remettre les choses dans leur contexte géopolitique et international. Selon Alain Juillet, ancien directeur de la DGSE et Président de l’Académie d’intelligence économique : « Trump a clairement désigné son adversaire : la Chine, car elle est capable de passer devant les États-Unis sur le plan économique ». En effet, « des projections à 2050 la placent 1ère puissance économique mondiale, les États-Unis seraient troisième derrière l’Inde qui occuperait la deuxième position » poursuit-il. C’est selon lui ce qui explique le coup de fil de Donald Trump à Taiwan qui laisse présager un « renversement des alliances et un rapprochement avec la Russie. »

Guillaume Dard, Président de Montpensier Finance, pointe aussi cette situation tendue entre la Chine et les Etats-Unis. Selon lui, Trump n’est pas l’homme le plus puissant du monde, « Xi Jinping est l’homme le plus puissant du monde » déclare-t-il tout en attirant notre attention sur le fait qu’il y aura des élections en octobre. « Mais pour qu’il soit réélu, il faut que les Chinois soient contents. Or, des chinois contents, c’est une croissance à au moins 6,5% ». Selon lui, « la Chine a une bulle contrôlée par un parti, situation inédite dans l’histoire du monde ». Pour Guillaume Dard, il y a « une chose que les chinois ne maitrisent pas totalement : le Yuan ! » Il prévoit donc « des dévaluations identiques à l’année dernière. »

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